« Nous apportons notre grain de sel, pour ajouter un peu plus de saveur »
Son rêve : inscrire le nom de son agence, « Grain de sel », en lettres d’or dans la sphère culturelle et événementielle de son pays, voire au-delà. Laurel Serges Oboa fait partie de la génération de jeunes congolais engagés, soucieux de contribuer d’une façon ou d’une autre, au développement de leur pays. Titulaire d’un master en gestion d’entreprise de l’Institut des hautes études économiques et commerciales (INSEEC) de Bordeaux en France, mère d’une fille, elle a fondé son agence en 2018 et s’impose à grands pas.
Katiopa : Pourquoi avoir choisi de créer une agence événementielle dans un pays qui compte déjà plusieurs agences de ce type. Est-ce un effet de mode ?
Laurel Serges Oboa : Au-delà d’être un métier, l’événementiel est pour moi une passion. Je pourrais dire que je suis dans l’événementiel depuis l’âge de 15 ans. En fait, j’ai toujours été au cœur des activités festives, en famille ou entre amis. De manière naturelle, je prenais toujours le leadership pour organiser les évènements, m’occuper de la décoration et je le faisais bien d’ailleurs. C’est vous dire que créer une agence d’événementiel a été pour moi une évidence, une suite logique de ce que j’aimais et savais faire. L’événementiel est inné chez moi.
En quoi Grain de Sel se démarque des autres agences évènementielles ?
Grain de Sel essaie, en tout cas au mieux de ses compétences, d’être à l’écoute des Congolais car c’est notre plus grande cible. Notre force réside avant tout dans notre capacité à écouter notre public, pour mieux comprendre ses besoins, ses envies et ses tendances. Nous ne faisons ensuite qu’apporter des réponses aux besoins du marché. Je crois que c’est ce qui fait la différence de Grain de Sel.
Au lancement de votre agence en 2018, l’ambition affichée était de devenir le leader de l’évènementiel au Congo. Aviez-vous le sentiment d’être sur la bonne voie pour atteindre cet objectif ?
On n’y est pas encore, le chemin à parcourir est encore long, très long même. Cependant, sans être prétentieuse, je peux dire que Grain de Sel contribue, d’une manière ou d’une autre, au rayonnement de la musique et de la culture en général. Ce qui nous fait dire que nous sommes sur la bonne voie.
Qui sont vos principaux clients dans le cadre des cérémonies festives ou des rencontres professionnelles que vous organisez ?
Nous avons des clients assez variés. 50% de nos événements sont privés. Il s’agit des dîners de famille, des fêtes d’anniversaire et de cérémonies de mariage ; Pour le reste, nous nous frayons un chemin dans le marché événementiel institutionnel avec des galas, des dîners d’affaires ou encore des conférences, etc.
Sur le chapitre du showbiz, vous avez organisé pas mal d’évènements parmi lesquels les concerts des artistes Tayc et Naza en 2022 à Brazzaville. Récemment, vous avez produit le chanteur Joé Dwèt Filé, auteur de la chanson à succès « 4 Kampé ». Quelle place occupe la musique, en particulier et la culture en général, chez vous ?
La culture est empreinte d’identité et cela inclut la musique. Je suis une passionnée de musique, quiconque fait un peu plus attention le remarquera. Et la culture étant un domaine vaste dans lequel Grain de Sel s’implante, marquant ses petits pas.
Vous avez récemment lancé CapONT ? Pouvez-vous nous en parler ?
CapONT est la branche studio photo de Grain de Sel. Nous disposons d’un matériel dernier cri pour apporter le meilleur à nos clients. À l’instar de la machine photo rotative 360 4K, avec un service d’imagerie, capable d’assurer une couverture médiatique haut de gamme. L’objectif principal est de réhausser le niveau de nos événements en termes d’imagerie et de produire des vidéos de qualité. Nous disposons d’un photobooth, une animation pour les différents types de cérémonie à l’exemple du téléphone enregistreur qui est en vogue en ce moment dans le domaine de l’évènementiel. Tout cet arsenal nous permet d’avoir des événements mémorables, immortalisés par nos soins.
Vous êtes également présidente d’honneur d’un club de handball qui porte le même nom que votre agence : Grain de Sel. Est-ce important pour vous de soutenir le sport et le handball en particulier ?
Faute de temps, je ne pratique pas de sport de groupe. Ce que je regrette ; et j’espère remédier à cela sous peu. Le club de handball Grain de Sel est une manière parmi tant d’autres de soutenir la jeunesse congolaise. Le sport est étroitement lié à la culture et à l’évènementiel, deux secteurs dans lesquels nous sommes pleinement impliqués. Comme le dit si bien le nom de notre structure – Grain de Sel -, nous apportons notre « grain de sel », pour ajouter un peu plus de saveur… C’est notre modeste contribution à l’accompagnement de la jeunesse congolaise.
Visiblement, ce n’est pas facile pour une femme d’exercer dans le monde de l’événementiel. Quelles sont les difficultés que vous rencontrez au quotidien ?
Effectivement le monde de l’événementiel est très masculin, il est à plus de 50% tenu par les hommes. Se faire une place dans ce secteur n’a pas été facile. Il y’a une certaine « misogynie ». En tant que femme, le rapport femme-homme peut être mal perçu. Le travail dans ce domaine nécessite une certaine collaboration, des rencontres régulières qui exigent une ouverture d’esprit et une bonne dose de gentillesse. Ce qui peut, parfois, être mal compris et prêter à confusion. À mon avis, c’est l’un des plus grands obstacles.
Vous êtes également active dans l’humanitaire, en quoi c’est important pour vous de tendre la main ?
Effectivement, depuis peu nous avons mis sur pied l’association Grain de Sel, pour aller au-delà des dons que je fais à titre personnel et apporter du soutien, de manière plus remarquable, à nos compatriotes qui sont le plus dans le besoin. Donner aux autres est un bonheur, car il suscite toujours un sentiment de gratitude.
En tant que femme entrepreneure, à multiples casquettes, comment conciliez-vous votre vie professionnelle et privée ?
Honnêtement ce n’est pas facile. L’événementiel nous demande parfois d’avoir des horaires au-delà des 8 heures de travail, je dirai conventionnels. Nos journées de travail peuvent aller jusqu’à 17 heures. On sait quand on commence, mais pas quand on termine. Naturellement cela porte un coup à la vie privée. J’essaie au mieux de jongler entre les deux. Cela dit, il y’a des périodes assez mouvementées, notamment avant les grands événements. Et puis des périodes plus calmes, qui me laissent le temps de m’investir pleinement dans ma vie privée. Je passe beaucoup de temps avec ma fille pour compenser les moments d’absence.
Comment vous voyez-vous dans cinq ans ?
Dans ma vie professionnelle, je vois Grain de Sel passer à une dimension supérieure. Actuellement nous avons l’imprimerie, la boutique, l’événementiel, le studio. Nous allons à ajouter à Grain de Sel, deux autres branches que nous gardons secrètes pour le moment.
