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Congo – Disparition de Pierre Moutouari : la rumba congolaise perd un calibre  

Le monde musical congolais est en deuil. Le chanteur et compositeur Pierre Moutouari, l’une des figures majeures de la rumba congolaise moderne, s’est éteint le 8 octobre 2025 à Paris, selon plusieurs sources proches de la famille. Il avait 75 ans.

Par Prince Bafouolo

Né en 1950 à Kinkala, au sud de Brazzaville, Pierre Moutouari découvre très jeune la passion du chant. En 1968, il rejoint le célèbre orchestre Sinza Kotoko, dont il devient rapidement l’un des piliers. Sa voix chaude et son charisme scénique séduisent un large public et lui valent, la même année, le prix du meilleur chanteur amateur décerné par le ministère de la Culture.

Au fil des années 70 et 80, il se forge une solide réputation sur la scène musicale d’Afrique centrale, avant de s’installer à Paris pour poursuivre une carrière internationale. Il y enregistre plusieurs albums marquants, dont le légendaire « Missengué », devenu un classique de la rumba et récompensé par un disque d’or.

Pierre Moutouari n’était pas seulement une voix ; il était une école à lui seul. Il a accompagné la formation de jeunes artistes, participé à la diffusion de la musique congolaise en Europe, et partagé la scène avec des figures de renom telles que Sammy Massamba, Tanawa, ou Jacob Desvarieux du groupe Kassav’.

Ses chansons, empreintes d’émotion et de sincérité, parlaient d’amour, de dignité et de vie quotidienne, des thèmes universels qui ont touché des générations de mélomanes à travers le continent.

Avec la disparition de Pierre Moutouari, c’est une page de la rumba congolaise qui se tourne. Son œuvre restera gravée dans la mémoire collective comme celle d’un artiste complet, passionné et fidèle à ses racines.

Ses titres mythiques, MissenguéAïssaMbekaniMa Loukoula, continueront de faire danser et rêver ceux qui aiment la musique et feront de l’artiste un immortel.

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